Voyager et travailler en même temps
18 janvier 2016Entreprenariat

6 leçons apprises en démarrant mon entreprise

Malaisie péninsulaire

L’année 2015 aura été transformatrice pour moi. J’ai réalisé, dès janvier, que quelque chose ne tournait pas rond et que j’avais besoin d’un grand changement dans ma vie. Trois mois plus tard, je commençais ce voyage sans date de retour déterminé. Lors de mes premiers mois à l’étranger, mes associés et moi avons continué à faire fonctionner notre compagnie. Mais c’était clair, la force de notre association s’étiolait avec le temps et la distance. Personne ne voulait vraiment le dire, mais ça sautait aux yeux: ce n'était plus possible de surmonter les divergences d'intérêts. C’est lors d’un Skype d’équipe, alors que j’étais à Berlin, que la rupture a été annoncée. Et c’est durant mon voyage en Roumanie que nous avons organisé la dissolution : partage de clients, d’équipements et moi qui reprenait l’ensemble des parts de l’incorporation. Tout a été fait à distance, même si j’ai cru une soirée que je n’aurais pas le choix de revenir à Montréal. J’ai profité de mes vacances en Malaisie pour réfléchir sur ces dernières années où j’ai travaillé au démarrage de Studio OL.

Voici six leçons que j’ai apprises en démarrant mon entreprise.

Être clair sur ce que l’on vend

La mission de l’entreprise doit être claire et doit pouvoir s’expliquer simplement, en moins d’une minute. Pour une entreprise en démarrage, il est préférable d’avoir une offre de services très spécifique et précise, quitte à élargir l’éventail de services lorsque l’entreprise grossit. Enfin, il faut que le produit vendu par l’entreprise réponde à un vrai besoin; plusieurs entreprises en démarrage répondent à des besoins imaginaires et imaginés. La réalité les rattrapera au moment de la mise en vente.

Vendre rapidement

La tentation est forte pour une entreprise en démarrage d’attendre d’avoir un produit ou service parfait avant de le vendre. Dans mon esprit, c’est une erreur. Il faut vendre dès qu’utilisable et continuer à développer son produit après la vente. Les réactions des premiers clients vont permettre de parfaire le produit. À trop attendre, il est possible de s’y perdre ou de trop investir pour finalement réaliser que personne n’est intéressé par ce que l’on veut vendre.

Choyer ses clients

Une bonne stratégie de développement d’affaires est d’investir dans les clients actuels et de s’assurer de leur satisfaction. Le client satisfait reviendra ou réfèrera l’entreprise à l’une de ses relations. La valeur de cette référence est forte. Il sera beaucoup plus facile de conclure une entente avec un client référé directement qu’avec un client qui n’a jamais entendu parler de l’entreprise. Lors de mon voyage en Croatie, j’ai écrit l’article Le pouvoir de la présélection qui aborde plus en profondeur cette leçon.

Développer de nouvelles habiletés

D’un point de vue personnel, il est primordial de développer des habiletés et devenir compétent dans de nouveaux domaines. Au départ, tout entrepreneur devrait lire au moins un livre sur les techniques de vente; c’est la base. Un entrepreneur qui n’investit pas en lui pour s’améliorer dans des domaines clés risque l’obsolescence. Pour ma part, j’ai développé au fil des années des habiletés en programmation, comptabilité et gestion de projet.

Apprendre à gérer le stress

Démarrer une entreprise c’est se mettre un poids important sur les épaules ; particulièrement lorsque l’entreprise grossit et qu’il y a des employés à gérer. La tête bourdonnera de pensées le soir en rentrant et le matin en se levant. Il est indispensable de développer des techniques pour gérer son stress. Une des techniques que j’utilise est de tout mettre dans un calendrier, de cette façon je cesse d’y penser. Le sport et le yoga sont également d’excellents moyens de relaxer. Enfin, la méditation permet d’entraîner l’esprit à rejeter des pensées inutiles qui viennent et reviennent sans cesse. Trop penser crée du bruit dans la tête, c’est épuisant et c’est une source de stress.

Bien choisir ses associés

Le choix d’un associé est beaucoup plus risqué et complexe que l’embauche d’un employé. Les contrats d’incorporation établissent un quasi-mariage entre partenaires. On ne peut pas se débarrasser d’un mauvais associé comme d’un mauvais employé. La première chose à rechercher chez un associé est la complémentarité. Ce n’est pas une bonne idée de s’associer avec quelqu’un qui est compétent dans les mêmes domaines que soi. Personne n’a tous les talents, la complémentarité garantit de la valeur ajoutée à l’association. Je peux également confirmer, par mon expérience, que l’association avec des amis proches comporte des risques. Les échanges au sein de l’entreprise seront si forts que cela altérera la nature de la relation avec l’ami. La relation amicale et légère deviendra plus rigide et sérieuse, il faut s’y préparer.

Démarrer une entreprise est une expérience vraiment formatrice et stimulante. C’est une montagne russe avec des hauts et des bas ; des moments d’euphories et de désespoirs. J’ai quitté mon emploi il y a plus de 6 ans et je ne l’ai jamais regretté.

Par Pierre-Philippe Emond
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Voyager et travailler en même temps… une idée séduisante et bien de notre temps. Mon nom est Pierre-Philippe Emond, je suis développeur Web, propriétaire de Studio OL et Digital Nomad. J'ai quitté le confort de Montréal, au Québec, et je travaille en voyageant à travers le monde depuis mai 2015. Ce blogue est le reflet de mes découvertes, transformations, réussites et difficultés durant ce périple sans date de retour déterminée.

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